lundi 1 novembre 2010

Ceci n’est pas (qu’)une pause

Mes fidèles lecteurs[1], qui me suivent d’un espace de publication à l’autre, savent, depuis longtemps, que je suis un piètre blogueur, puisque je passe mon temps à arrêter de bloguer.

La bonne nouvelle ici, c’est que si je me tais, pour une fois, c’est que je n’ai vraiment pas le temps de causer dans le poste. Je suis sur scène beaucoup souvent et… c’est bien !

En fait, je réalise que oui, j’ai ma place sur un plateau de théâtre, que je suis vraiment bon et taillé pour ce métier. Je suis capable de me produire en acrobate, comme je l’ai vu récemment, où il m’a fallu rentrer dans un rôle que je n’avais pas travaillé… en 48h ! Le fait que je joue d’autres rôles dans la pièce depuis l’an dernier m’a permis de mémoriser la chose sans « effort » et de proposer une interprétation qui a impressionné mon metteur en scène. De fait, j’ai la nette impression que le théâtre a récupéré l’an dernier un comédien un poil à la dérive, un brin rouillé, et que plus je joue, plus je révèle l’étendue de mes capacités, ma souplesse et mon efficacité. Mon propre père a été impressionné en revenant voir une des pièces une troisième fois !

On m’a dit il y a quelques mois qu’il fallait vraiment que j’apprenne à mieux me considérer. J’ai l’impression d’être un peu sur la voie, et que c’est plutôt bon signe. Reste à trouver comment me convaincre de travailler sérieusement à occuper la place à laquelle je pourrais prétendre dans ce métier… mais ça ne me paraît plus forcément du registre de la fiction !

Notes

[1] j’en dénombre au moins trois, sans réfléchir \o/ !

mardi 17 août 2010

Gare à la descente

Je suis remonté sur mon rocher, pendant une semaine. C’est à la fois suffisant pour se rappeler comment on y est attaché et un peu court.

Une des particularités de cet endroit est que, d’une manière générale, quand j’y suis, je ne me demande pas ce que je fais là. Ma présence y a un sens. J’y suis utile et, mieux encore, il est utile que moi j’y sois. Quand on est aussi porté que je peux l’être à se chercher des excuses pour exister, c’est hautement appréciable.

Sur ceux que j’ai rencontré cette fois, ce que j’y ai fait, j’en parlerai peut-être ailleurs, dans l’endroit dédié. Mais je suis aussi frappé par un truc : il y a là-haut des gens qui ne me connaissent pas énormément, me voient rarement, mais semblent se soucier profondément de ma petite personne, qui me demandent comment je vais avec un intérêt que ne manifestent ordinairement que mes amis proches.

L’été dernier, au cœur de mon grand chagrin, ils m’avaient appelé, et après trois jours là-haut, je suis redescendu en me rappelant pour la première fois depuis des mois que j’aimais la vie !

La descente cette fois m’inquiète un peu. Retrouver le moi à la con habituel et laisser perché le chouette mec qui me ressemble ne m’enchante guère. D’un autre côté, ça m’a fatigué un peu de manipuler tous ces cailloux – il se peut que le blues n’ait pas d’autre origine et qu’une fois reposé je me sente moins mal à l’aise que là tout de suite.

Bon allez, carte postale de vacances, c’est fait !

jeudi 29 avril 2010

Le plus beau métier du monde

Nonobstant ce que ça suppose comme pas bientitude dans la tête de chercher à susciter l’adhésion des foules en se cachant derrière un masque appelé personnage, j’adore ce boulot.

J’aime, dans ce moment suspendu de la représentation, cette incroyable et illusoire maîtrise du temps et de l’espace qui nous est offerte.

J’aime que les spectateurs puissent croire à la vie de nos personnages au-delà du plateau. Cette incroyable convention théâtrale qui permet aux spectateurs de faire comme si, pour le temps de la représentation, les mots des hurluberlus sur scène avaient une réalité, comme si de la vie se déroulait où ne défilent que des mots – ou des évocations.

J’aime cet inouï pouvoir de toucher des inconnus, les faire rire, rêver… me dire que si la fable est juste, et bien contée, elle les accompagnera, enrichira leur regard[1].

J’aime me dire que j’ai cette capacité de donner de la joie à mes contemporains.

J’aime me demander si j’arriverai à jouer ça, apprivoiser un personnage, me redécouvrir dans cette fiction d’humain ou le tirer à moi. J’aime l’efficacité de ma mémoire, et sentir les mots couler de ma bouche.

J’aime le costume, cet exosquelette qui pose le personnage sur mon corps pour mieux le faire rentrer à l’intérieur. J’aime les théâtres, ces espaces souvent baroques où se croisent des fantômes de spectacles, des acteurs en action et des spectateurs en détente.

Quand je suis en forme, je m’émerveille de la façon dont les phrases m’investissent la totalité du corps, et de cette manière d’inventer les syllabes pourtant apprises par cœur.

J’aime mon métier, malgré le mal que j’ai à m’y trouver une place.

J’aime bien aussi, même si ça ne m’arrive pas tous les matins, me laisser aller à un brin d’autosatisfaction !

Notes

[1] J’ai longtemps cru qu’en les amenant à se poser les questions justes, on pourrait améliorer le monde, j’avoue que ma foi en mes possibilités d’y parvenir a un peu décru.

dimanche 25 avril 2010

Tempus fugit

Il m’est arrivé tout récemment un truc inhabituel. On m’a expliqué (un peu maladroitement, mais là n’est pas le sujet) que j’avais passé l’âge pour prétendre participer à un projet[1].

Comme je ne suis pas – mais vraiment pas – persuadé d’être vieux[2], je m’étonne de la durable contrariété que ça me procure… Et puis ça me revient. Le problème n’est pas que j’aie l’âge que j’ai – qui m’importe relativement peu vue ma plutôt bonne santé. Le problème c’est la porte fermée. J’ai raté cette occasion, que j’aurais sûrement pu saisir si je m’en étais donné la peine il y a une dizaine d’années[3]. Le temps perdu ne se rattrape plus.

Le point d’ancrage est là, dans ma vieille angoisse de n’arriver pas à faire de ma vie quelque chose de valable. Et que mes atermoiements incessants, ma sale manie de fixer des objectifs inatteignables pour mieux me décourager de tenter l’aventure, pourraient bien m’empêcher de faire de ma vie… quelque chose… dont je puisse être satisfait.

Une fois ceci établi, yapluka ! On se retrousse les manches, on admet que c’est en marchant et pas en contemplant la carte qu’on avance, et c’est parti mon kiki !

Voilà, voilà, voilà…

Bon, je vais chercher un sujet rigolo pour la prochaine note, je reviens…

Notes

[1] pas à tout projet quel qu’il soit, hein, juste un projet sur lequel j’ai rencontré les responsables, pour qu’ils me disent ensuite qu’ils ne m’auditionneraient pas

[2] j’en ai connu, des vieillards de vingt-huit ans, c’est épuisant !

[3] tout sarcasme sur le fait qu’il y a une dizaine d’années ce projet n’existait pas dans le cerveau de ses concepteurs, qui étaient encore au jardin d’enfants sera considéré comme irrecevable

jeudi 22 avril 2010

Quand je serai grand

Quand je serai grand, j’aurai cessé depuis longtemps d’attendre que mon père me dise simplement de quelque chose que j’ai fait avec sincérité, et, donc, en y croyant un peu, que c’est bien.

Quand je serai grand, j’aurai depuis longtemps compris que mon père pense plus utile de me dire ce qui ne va pas / pourrait être mieux / invalide ce que j’essaie de faire que de me dire que ce que j’ai fait valait la peine d’être fait – et pas seulement pour moi.

Quand je serai grand, je saurai faire la part des choses, et que, comme mon père me le répète souvent « c’est à moi de savoir ce qui est bien dans ce que je fais ».

Il me tarde d’être grand. Je suis fatigué de me battre avec ça, là tout de suite…

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