Or donc, l’histoire que je vais vous conter, gentes damoiselles, est celle de la touuuuute première fois où je m’étendis aux côtés d’une encore chaste jeune fille.

En ces temps reculés, je faisais… oserai-je le dire ? Trop tard, vous avez deviné ce lourd fantôme de mon passé, je ne peux plus reculer ni le nier. Je faisais… du scoutisme ! Seule période de ma vie où j’ai porté un uniforme – hautement seyant par surcroît, chemise orange et pantalon marron. Et, donc, une partie de notre activité consistait à arpenter les forêts domaniale d’Île-de-France pendant des dimanches variablement pluvieux dans le cadre de mystérieux jeux de pistes aux objectifs improbables.

Un dimanche, donc, dans une forêt (mais laquelle ?) je me retrouvais avec une carte approximative et une accorte équipière (qui devait être encore plus jeune que moi puisque, si ma mémoire est bonne, elle avait quitté les louveteaux et c’était sa première sortie d’éclaireuse) en quête d’un truc quelconque, quand, vers la fin de l’après-midi, je fus pris d’une certaine somnolence (car il arrive, mais nous le savons tous, que le vent s’essouffle). Avec gentillesse, elle me proposa alors de m’étendre et de me relaxer quelque minutes tandis qu’elle monterait la garde.

On s’est réveillés une bonne demi-heure plus tard, et nous sommes dépêchés de retrouver le reste de la troupe, un peu aux 400 coups de ne pas nous voir arriver.

Je ne me rappelle plus, je le confesse, ni le prénom, ni le visage de cette petite fille qui s’allongea au côté de ce petit garçon, mais je n’ai pas oublié la sensation de paix et de douceur que ce moment m’a laissé. Au camp d’été suivant, où je la croisais pour la dernière fois, elle se lança dans une correspondance d’amoureuse secrète avec moi.

Et il m’arrive de me demander qui elle est, aujourd’hui…

La prochaine fois, nous aborderons la meilleure technique pour m’inductionner en erreur quant à l’intérêt éventuel que vous pourriez porter à ma personne. Ou tout autre chose…